ELLE : ceci n’est pas un film

le récit retranscrit cordialement le réel de la richesse d’une certaine partie de la jeunesse au Cameroun ( présence d’une photo du nom président de la République dans le déroulé). Vu que le cinéma non seulement est perçu comme un art narratif, mais également comme une construction qui peut manipuler la perception de la réalité. 
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Nous avons eu à audiovisualiser le 04 Mars à Nkongsamba, le tout premier court métrage du Dr Yves Heungap intitulé ELLE, une ode à la vie. Bien qu’il s’agisse d’un film d’école, comme l’a dit le réalisateur, nous allons essayer de vous présenter le film sans toutefois spoiler pour ceux qui n’ont pas encore vu.

Cette œuvre artistique est une référence à une réalité précise

Si cette œuvre s’ouvre par une série de plans de vue mystères, la réponse précise du mystère demeure quand la jeune fille demande : qui va là? après avoir entendu un bruit à la porte
Cette ambiance mystérieuse est traduite tout au long de l’œuvre par une dame au masque (ELLE), qui reste le principal mystère dans ce récit.

Contrairement à un film ou tout est scénarisé et fictif, on a l’impression de vivre la situation.

Sur ce point, le récit retranscrit cordialement le réel de la richesse d’une certaine partie de la jeunesse au Cameroun ( présence d’une photo du nom président de la République dans le déroulé). Vu que le cinéma non seulement est perçu comme un art narratif, mais également comme une construction qui peut manipuler la perception de la réalité.  Dans cette manipulation, les effets spéciaux qu’on retrouve dans l’œuvre tels que le zoom light qui fait apparaître la femme dans une pièce essaient quand même d’ajouter de la fiction dans ce récit. Mais, ils restent très superficiels. En outre, cette phrase emblématique interpelle un autre aspect.

Un regard critique ou une mise en garde.

La femme au masque (ELLE), jouée par Amanda Nana est une matérialisation explicite de la mise en garde.

je te donne 6 mois pour changer

ELLE.

De quel changement parle-t-on dans le film?? De cette interrogation germe des réponses qui ont trait à une doctrine qu’on appelle le YOLO (You live your life once): une manière de dire qu’on ne vit qu’une fois, autant profiter de la vie.

Elle est venue me voir, j’ai très peur mon père.

Barthelemy

Barthelemy (Yves Heungap) est un Yoloïste qui exprime bien ce concept ; femmes, cigares, Ndjoka (fête). Raison pour laquelle on a eu droit à de longues minutes sur l’expérience intellectuelle de la richesse quand on est dans un environnement précaire . Toutefois, cette vie revêt un côté obscur qui est souvent une relation intime entre le bourgeois et son ou sa potentiel(le) bienfaitrice. Ce qui amène souvent à des tragédies comme la mort. La mort est-elle vraiment une fin? C’est à ce moment où l’art ne vise pas juste une représentation du monde, mais consiste aussi à l’interroger. C’est ainsi que le titre une ode à la vie prend tout son sens.

3.Une ode à la vie

Une expression poétique qui rend gloire à la vie. Un hommage à la vie de jouisseur, une magnification de la richesse. D’ailleurs, dans le film Barthélémy parle d’avoir reçu la visite de la Sainte Grâce, vu qu’il vit dans un environnement précaire. Tout ceci pousse nous à dire que ceci n’est pas un film, mais un poème à la vie, qui exalte l’existence avec passion, amour et tendresse (croqueur de vie). Car la représentation de la frontière entre la réalité et la fiction semble assez floue. Une dichotomie entre art et fiction qui trouve écho dans l’évolution du langage cinématographique, que certains qualifieraient de nouveau genre. Parlant de nouveau genre, le film AUGURE de Baloji est une autre narration stylistique complexe.

Prix d’un certain regard à Cannes 2023

Elle (le film), n’est pas seulement un reflet d’une réalité, mais aussi une narration artistique complexe, un culte à la morale et au risque. Sur ce le réalisateur disait ce jour

Vaut mieux s’empresser de jouir de peur de mourir, que de mourir sans avoir joui.

Dr Yves Heungap (Barthelemy).

Ce type d’œuvre cinématographique s’inscrit dans le même genre que 44 rue Mevick de Donald Keumeni, si on enlève certains ratés techniques. Par ailleurs, un critique disait aux Écrans Noirs 2020.

Raconter nos réalités, n’est pas retranscrire le réel.

Ameur Cherqui
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